RWANDA-PAS D'ACCORD SUR L'AÉROPORT, LOURDES PERTES DE L'ARMÉE.
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22 Mai 1994
12:13 GMT
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KIGALI, 21 mai, Reuter - Les rebelles rwandais ont rejeté un plan de l'Onu prévoyant un cessez-le-feu autour de l'aéroport de Kigali afin de permettre l'acheminement de vivres et de médicaments, a déclaré samedi un porte-parole des Nations unies.

Le commandant Jean-Guy Plante a déclaré à la presse que le Front patriotique du Rwanda avait oralement indiqué à l'Onu qu'il n'acceptait pas ce plan sur la neutralité de l'aéroport de la capitale.

"Les rebelles ont dit que c'était trop tard", a expliqué le commandant Plante. Il a ajouté que désormais le FPR pensait réellement gagner la bataille pour le contrôle de l'aéroport, lien vital entre le Rwanda et le monde extérieur.

Les Nations unies ont en outre indiqué que l'armée rwandaise signalait d'importantes pertes dans ses rangs et avait demandé l'aide de l'Onu pour l'aider à évacuer 156 blessés de la caserne assiégée de Kanombe, proche de l'aéroport de Kigali.

L'Onu attend l'accord du FPR avant d'organiser un convoi pour transférer ces blessés jusqu'à l'hôpital principal de Kigali, a précisé le porte-parole de l'Onu.

A Kigali samedi, les forces du gouvernement rwandais ont tiré au mortier sur le QG des rebelles, qui de leur côté ont continué à attaquer les abords de l'aéroport.

Quatre obus de mortier, apparemment tirés par les forces gouvernementales rwandaises, sont tombés dans l'après-midi sur le quartier général de l'Onu mais personne n'a été blessé, selon le commandant de la Mission d'assistance des Nations unies au Rwanda (Minuar).

"Un type nous a tiré dessus (...) Ou bien c'est un très mauvais tireur ou il a mal ajusté, ou bien il cherche à nous harceler", a dit le général Romeo Dallaire.

Un obus de mortier a atteint le bâtiment de l'Onu, notamment la partie où se trouvent les communications satellitaires.

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			 Tentative de médiation
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Les Nations unies souhaitaient utiliser l'aéroport, actuellement aux mains des forces gouvernementales, pour acheminer des vivres et des renforts de casques bleus. La France compte aussi évacuer par avion des orphelins bloqués à Kigali, a-t-on ajouté de source proche de l'Onu.

Abdoul Kabia, directeur exécutif de la Minuar, a expliqué à Reuter: "Les deux camps croient qu'en tenant l'aéroport de Kigali, ils contrôleront la capitale et tout le Rwanda, qui est enclavé".

Il a dit envisager de chercher une autre piste d'atterrissage dans les environs. Aucun avion de ravitaillement n'a pu se poser à Kigali depuis jeudi.

Malgré la violence des combats à Kigali, le FPR a assuré que son principal objectif était le siège du gouvernement provisoire à Gitarama, à une quarantaine de km au sud-ouest de la capitale, a dit à Reuter le général Dallaire.

Le FPR a affirmé qu'il n'accepterait de cessez-le-feu que lorsque les massacres auront pris fin.

Deux responsables de l'Onu - le Pakistanais Iqbal Riza, numéro deux des opérations de maintien de la paix, et le général canadien Joseph Maurice Baril, conseiller militaire de l'Onu - sont attendus dimanche à Kampala. Ils tenteront de prendre contact avec le chef du FPR, le général Paul Kagame, à Byumba, dans le nord du Rwanda, et avec le chef d'état-major de l'armée gouvernementale, Augustin Bizimana, à Kigali.

Les deux hommes tenteront d'obtenir des belligérants qu'ils coopèrent avec les Nations unies. /FAN/DR

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