La France a-t-elle procuré des Serbes à Mobutu ?
Magazine Marianne | 12/05/1997 | Archives

La politique africaine de la France a souvent emprunté des voies tortueuses. On reparle des «chiens de guerre», de Marchiani, et d'un mystérieux Perrette...


Que la France ait jusqu'au bout, et quel que soit le président de la République, soutenu le dictateur Mobutu n'est pas un scoop...


Que la chute de régimes francophones, et largement appuyés par Paris, au Rwanda, au Burundi, puis au Zaïre, marque un échec flagrant de la politique française en Afrique est une évidence. Mais le New York Times va plus loin: il accuse la présidence Chirac d'avoir apporté une aide militaire à Mobutu...


La vérité est un peu différente: en réalité, c'est le représentant au Zaïre de la société française Geolink (spécialisée dans le commerce de gros de matériel électrique et électronique), un dénommé Philippe Perrette - licencié depuis -, qui a pris sur lui de recruter pour le compte du gouvernement de Kinshasa près d'une centaine de mercenaires serbes... sans que les autorités françaises aient donné leur feu vert. La société Geolink travaille en effet à la fois pour la Serbie et le Zaïre.


Ce qui est troublant, en revanche, c'est que les agissements de Philippe Perrette étaient connus de l'Elysée puisque l'un des conseillers de Jacques Chirac pour l'Afrique, Fernand Wi-baux, avait reçu une note confidentielle qui en S faisait état.


Autre étrange détail: l'un des mercenaires belges, que l'on surnomme Do-minic Yugo, accusé d'atrocités, est le même qui servit d'interlocuteur au préfet du Var, Jean-Charles Marchiani, ancien des services secrets, pour faire libérer les deux pilotes français abattus en Bosnie en décembre 1995... Simple coïncidence ?