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Mise à jour :
5 août 2022 Anglais

Dans les rues de Kigali, des cadavres et encore des cadavres tués par balles ou mutilés à coups de machettes, victimes des combats mais aussi des règlements de compte tout simplement parce qu'ils ne font pas partie de la même ethnie

Fiche Numéro 29873

Numéro
29873
Auteur
Piquet, Laurence
Auteur
Leymergie, William
Auteur
Haumant, Stéphane
Auteur
Laudrin, Caroline
Auteur
Mousset, Benoît
Auteur
Boisserie, Philippe
Date
12 avril 1994
Amj
19940412
Heure
07:30:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 7 h 30 [3:45]
Titre
Dans les rues de Kigali, des cadavres et encore des cadavres tués par balles ou mutilés à coups de machettes, victimes des combats mais aussi des règlements de compte tout simplement parce qu'ils ne font pas partie de la même ethnie
Soustitre
94 orphelins de Masaka rapatriés par des parachutistes sont arrivés à Paris.
Taille
12202709 octets
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- La plupart des Français ont réussi à quitter le Rwanda. On attend dans la matinée le retour de 325 rescapés à Roissy. Les Occidentaux fuient les combats. Mais aussi des Rwandais : près d'une centaine d'orphelins sont arrivés à Paris.
- L'évacuation s'est décidée en une demi-heure. Ces 94 orphelins de Masaka, petite ville à une quinzaine de kilomètres de la capitale rwandaise, n'étaient pas prioritaires. Mais des Français de Kigali, qui devaient être rapatriés sur Roissy, ont décidé de laisser leurs places dans l'Airbus de l'armée de l'air. Certains des orphelins sont en instance d'adoption en France.
- Ces derniers jours, des hommes en armes avaient forcé à deux reprises les portes de l'orphelinat. Ils ont abattu neuf personnes, molesté Sœur Edith, volé l'argent. Rapatriés par des parachutistes, pris en charge par la Croix-Rouge, les cinq religieuses françaises, les 30 employés rwandais et les enfants ont été hébergés cette nuit dans un foyer d'accueil à Créteil. Sans savoir vraiment ce qui les attend dans les prochains jours.
- Ambassade de France à Kigali hier [11 avril] : on brûle les documents diplomatiques comme dans toute situation urgente. Ce matin l'ambassadeur de France et tout le personnel ont quitté le bâtiment officiel pour embarquer à bord d'un avion.
- Car la situation risque de dégénérer : dans les rues de Kigali, des cadavres et encore des cadavres tués par balles ou mutilés à coups de machettes, victimes des combats mais aussi des règlements de compte tout simplement parce qu'ils ne font pas partie de la même ethnie. Dans une ville dévastée par les pillages, des camions jaunes ramassent des corps dans l'indifférence.
- Hier [11 avril] la plupart des Occidentaux ont pu fuir le pays par la route ou par le pont aérien mis en place par les militaires français et belges.
- Ce matin les rebelles du Front patriotique rwandais, à majorité tutsi, sont aux portes de Kigali : 4 000 hommes prêts à lancer l'assaut sur la capitale.
- Philippe Boisserie : "L'ambassadeur de France a décidé de fermer son ambassade. Il y a un peu plus d'une demi-heure, un certain nombre de voitures sous très forte escorte sont arrivées sur le tarmac de l'aéroport avec tout le personnel de l'ambassade ainsi que quelques employés rwandais. Donc il n'y a en fait plus de représentant français en ce moment à Kigali et donc au Rwanda. […] Le petit matin est l'occasion d'intenses combats. Et en fait ce matin c'était très calme. Il y a un très fort brouillard sur toute la ville. Et donc on n'entend absolument pas de tirs de mortiers ou de canons. Mais c'est un silence qui est un petit peu illusoire et je pense que d'ici peu tout devrait recommencer malheureusement. […] À partir du moment où l'ambassadeur de France a décidé de quitter son ambassade, à partir du moment où les dernières escortes d'Occidentaux et d'étrangers sont en train de se faire, tout le monde est conscient que le bain de sang est presque inévitable".