Retour    Menu

France Genocide Tutsi Database

Mise à jour :
24/08/2017
Anglais

François Mitterrand : « Notre intervention ne semble désirée par personne, même par ceux que nous voulons sauver. Sans doute préfèrent-ils qu'ils n'y ait pas de témoins à leur victoire »

Date : 22 juin 1994
Auteur : Bentégeat, Henri
Titre : Conseil restreint : Situation au Rwanda
Journal/Source : Présidence de la République (fr)
Fonds : IFM
Commentaire : Ce Conseil restreint se tient la veille de l'entrée des militaires de l'opération Turquoise au Rwanda. François Mitterrand souhaite une intervention « brève de style ``coup de poing'' ». C'est donc une opération militaire en force et il demande si le FPR est « en mesure de s'y opposer militairement ». Il a cette phrase terrible : « Notre intervention ne semble désirée par personne, même par ceux que nous voulons sauver. Sans doute préfèrent-ils qu'ils n'y ait pas de témoins à leur victoire ». Ainsi reconnaît-il que cette opération destinée à sauver des Tutsi pourrait aussi contester la victoire du FPR. L'amiral Lanxade, chef d'état-major, lance : « Nous avons très peu d'informations sur la partie prise par le FPR. Le vide a été fait par les Tutsis ». Identifiant également les Tutsi à l'ennemi FPR, Mitterrand enchaîne : « Les Tutsis vont instaurer une dictature militaire pour s'imposer durablement ». Et il conclut : « Une dictature reposant sur dix pour cent de la population gouvernera avec de nouveaux massacres ». Lanxade dévoile la connivence avec les auteurs du génocide en disant : « Un des problèmes est l'établissement d'un contact technique avec les F.A.R. en gardant une visibilité réduite ». François Léotard, ministre de la Défense, affirme que « le FPR tente de s'emparer complètement de Kigali et fait effort sur Butare et Kibuye. » Cette annonce d'une offensive du FPR sur Kibuye s'avérera fausse. Elle reprend la propagande du Gouvernement intérimaire rwandais qui assimile à des combattants du FPR infiltrés les survivants tutsi qui résistent encore à leurs tueurs à Bisesero, dans la zone gouvernementale. François Mitterrand sidère en rappelant qu'il « ne faut pas manquer de dénoncer le génocide perpétré par les Hutus ». Il l'attribue à une crise de folie.

Retour