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Mise à jour:
20 d├ęcembre 2020 Anglais

La participation de militaires français au massacre du 13 mai 1994 à Bisesero ? Une enquête manipulée

Fiche Numéro 27218

Numéro
27218
Auteur
Morel, Jacques
Date
Mardi 23 avril 2019
Aaaammjj
20190423
Titre
La participation de militaires français au massacre du 13 mai 1994 à Bisesero ? Une enquête manipulée
Taille
704181 octets
Nb. pages
27
Type
Note
Langue
FR
Résumé
Sur la base d’interviews réalisés en avril 2009 et février 2010, Serge Farnel assure qu’il a recueilli les preuves que des militaires français ont participé au grand massacre des 13 et 14 mai 1994 à Bisesero, au Rwanda. Après avoir fait publier un article dans le Wall Street Journal en 2010, il sort un livre en novembre 2011 où il assure que le 13 mai 1994 « la population hutu a achevé les blessés » que « des soldats français auraient commencé par pilonner, puis mitrailler ». Rien dans tous les témoignages de rescapés ne venait accréditer auparavant une telle version des faits. Aucun n’avait évoqué la présence de Français lors de cette attaque du 13 mai, la plus meurtrière qu’ils ont subie. Un examen attentif des témoignages présentés et de la méthode utilisée fait apparaître la fragilité de la preuve avancée. Le scénario est construit à partir d’affirmations de miliciens trop heureux de faire accréditer une version de leur histoire où ils ne sont plus les pires des assassins. Lors des entretiens, les rescapés sont manipulés par l’enquêteur afin de leur faire dire ce qu’ils n’ont jamais dit auparavant. Réinterrogés, nombre d’entre eux contredisent les propos qui leur sont prêtés. D’autres témoignages sont présentés mais n’évoquent pas la présence de Français les 12 et 13 mai. Leurs auteurs sont ainsi convoqués pour justifier une thèse qui leur est étrangère. Celle-ci mise à part, certains témoignages de rescapés gardent leur valeur. La gravité des accusations contre l’armée française nécessitait des vérifications qui n’ont pas été faites. La diffusion de ces accusations non étayées ne peut que jeter le trouble sur les plaintes déposées en 2005 contre des militaires français, que la justice montre si peu d’empressement à instruire.