Résumé
- On redoute de plus en plus la catastrophe humanitaire à la frontière du Zaïre. La population rwandaise a, en grande partie, quitté son pays. L'équipe de reportage de France 2 a pu pénétrer ce matin dans la ville de Gisenyi prise par le FPR. Une sorte de ville fantôme.
- Des patrouilles, il n'y a plus que ça dans cette ville de Gisenyi, la troisième du pays, la dernière tombée aux mains du FPR juste avant le cessez-le-feu il y a 48 heures [18 juillet].
- Gisenyi est désormais une immense garnison : quasiment plus un civil ici, tous ont fui vers le Zaïre voisin à moins de deux kilomètres.
- La veille encore [19 juillet], quelques accrochages ont rendu les soldats du FPR très nerveux et très réticents à faire visiter les lieux. Ici, la bataille a été visiblement beaucoup plus âpre que dans bien d'autres villes, la résistance plus acharnée.
- "C'est sûr qu'il y a eu de vrais combats ici" explique notre interlocuteur unique, le commandant Bruce, l'un des officiers de la place. "Sans doute parce que les gouvernementaux protégeaient leurs familles qui passaient au Zaïre avec tous leurs biens".
- Gisenyi, c'était aussi l'un des fiefs des milices extrémistes et la ville natale du Président Habyarimana.
- Du poste-frontière, on aperçoit Goma. On entend Goma aussi : la rumeur des dizaines de milliers de Rwandais qui s'y sont réfugiés.
- Les avions humanitaires qui alimentent la ville sont superbement ignorés par les soldats du FPR. Pour eux l'actualité est ailleurs : la formation de leur gouvernement à Kigali et l'envoi d'une délégation française pour discuter du retour des réfugiés.
- Gisenyi était le dernier objectif militaire du FPR, si on exclut bien sûr la zone humanitaire tenue par les Français. Mais le FPR ne cesse de le répéter depuis deux jours : pas question de tenter quoi que ce soit dans cette zone.