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Mise à jour:
27 février 2020 Anglais

Discours du docteur Théodore Sindikubwabo, président intérimaire à Butare pour la cérémonie d'investiture du nouveau préfet

Fiche Numéro 820

Numéro
820
Auteur
Sindikubwabo, Théodore
Date
Mardi 19 avril 1994
Titre
Discours du docteur Théodore Sindikubwabo, président intérimaire à Butare pour la cérémonie d'investiture du nouveau préfet
Taille
658917 octets
Nb. pages
13
Source
Fonds d'archives
Type
Pièce à conviction produite devant un tribunal
Langue
FR
Résumé
Dans ce discours qui déclenche les massacres, Sindikubwabo
déclare :
Dans la commune de Nyakizu, les habitants étaient effrayés,
car il semblerait que ces réfugiés [les Tutsi] disposent d'armes
très puissantes, des fusils des grenades. Ils disaient [à
Gikongoro] donnez-nous des gendarmes. J'ai répondu : les gendarmes dont le
gouvernement dispose sont peu nombreux. J'ai donc demandé : il n'y
a pas d'hommes ici ? Je pense que vous n'avez pas compris les
directives que nous avons données [...] ou alors vous avez très
bien compris mais vous refusez d'agir pour une raison que nous ne
saisissons pas. Il faudrait donc que chacun soit le gardien de son
prochain. J'ai également parlé des « je-sais-tout » [...] Les «
cela-ne-me-concerne-pas » existent. [...] Par malheur, j'ai été
informé d'un fait que j'ignorais, à savoir que certains
responsables administratifs de Butare ont subi des entraînements
pour nous combattre. Heureusement que le Premier ministre... leur
a déclaré que nous les combattrons à notre tour. [...]
que ceux-là qui attendent que les autres travaillent et qui se
contentent d'observer, ceux qui ne se sentent pas concernés, eh
bien, qu'ils jettent les masques et nous laissent travailler,
nous, et qu'ils nous observent travailler sans faire partie de
notre équipe. Si quelqu'un a envie de dire « moi ça ne me
concerne pas, j'ai peur », qu'il se retire loin de nous. Que ceux
qui sont chargés... de nous débarrasser de lui le fassent le plus
rapidement possible car il y a de bons travailleurs désireux de
servir leur pays. Ces traîtres qui sont allés s'entraîner au
maniement des armes pour nous exterminer, vous les connaissez,
mais moi je ne les connais pas. Que celui qui les connaît nous le
dise et qu'on nous débarrasse d'eux ! Comme le Premier ministre
vous l'a dit : « Nous devons combattre et gagner cette guerre
». Nous devons la gagner car il a dit qu'elle est la
dernière. [...] Nous la gagnerons si vous nous débarrassez des «
cela-ne-me-concerne-pas ». Je m'adresse à ce gouvernement.
Recherchez les « cela-ne-me-concerne-pas », trouvez ces gens qui...
sont allés s'entraîner pour pouvoir nous tuer et débarrasez nous d'eux.