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May 11, 2022
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François Mitterrand : « If this country were to come under the Tutsi domination, a very minority ethnic group, which finds its base in Uganda [...] it is certain that the process of democratization would be interrupted ».

Date : 22 juin 1994
Author :
Title : Conseil des ministres (extrait) [Déclaration de François Mitterrand]
Source : Présidence de la République (fr)
Public records : FM
Abstract : Lors de de ce Conseil des ministres, la veille de l'entrée des troupes françaises au Rwanda, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, ne prononce pas le mot « génocide » (page 2). Il reste dans le même état d'esprit que dans sa tribune à Libération du 16 juin 1994 affirmant que : « des massacres ont été perpétrés tant du côté hutu que du côté tutsi ». Il a oublié sa reconnaissance du génocide des Tutsi faite devant l'Assemblée nationale le 18 mai 1994. Madame Simone Veil, ministre de la Santé, s'inquiète d'un risque d'affrontement entre le FPR et les forces françaises. François Léotard, ministre de la Défense, parle d'opérations aller et retour et précise qu'il n'y aura pas d'occupation durable du Rwanda. François Mitterrand, président de la République, rappelle que le Rwanda « est peuplé essentiellement de Hutus » et il prononce ces mots lourds de sens : « Si ce pays devait passer sous la domination tutsie, ethnie très minoritaire, qui trouve sa base en Ouganda où certains sont favorables à la création d'un “Tutsiland” englobant non seulement ce dernier pays mais aussi le Rwanda et le Burundi, il est certain que le processus de démocratisation serait interrompu ». La préservation de ce processus démocratique implique-t-elle l'extermination des Tutsi ? L'opération militaire française qui va être déclenchée aura-t-elle donc pour objectif d'empêcher cette ethnie tutsi de pourchasser ses bourreaux ? On peut le croire mais il ne veut pas de pertes dans les rangs de l'armée française : « Il ne faut pas faire prendre trop de risques à nos soldats. Notre objectif n'est que de sauver des vies. » Autre propos stupéfiant, il laisse entendre que l'assassinat du président Habyarimana a « peut-être été commandité par des extrémiste hutus », alors que ses conseillers Christian Quesnot et Bruno Delaye affirmaient que l'attentat a été perpétré par le FPR.

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