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Mise à jour :
10 novembre 2021 Anglais

La situation devient de plus en plus tendue pour les soldats français : pour la première fois, un accrochage a opposé les militaires à des rebelles du Front patriotique qui ont tiré sur les véhicules des parachutistes

Fiche Numéro 3521

Numéro
3521
Auteur
Chazal, Claire
Auteur
Jentile, Catherine
Auteur
Froissart, Thierry
Auteur
Berrou, Loïck
Auteur
Monnet, Jean-François
Date
3 juillet 1994
Amj
19940703
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures [7:53]
Titre
La situation devient de plus en plus tendue pour les soldats français : pour la première fois, un accrochage a opposé les militaires à des rebelles du Front patriotique qui ont tiré sur les véhicules des parachutistes
Soustitre
À Kigali, Marc Vaiter se bat depuis deux mois pour la survie des 210 orphelins de son dispensaire.
Nom fichier
Taille
25990072 octets
Source
TF1
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- La situation devient de plus en plus tendue pour les soldats français basés à Goma et à Bukavu sur la frontière zaïroise. Ils ont du mal à faire face à l'afflux de réfugiés, hutu ou tutsi. Ils poursuivent tout de même l'évacuation de 600 orphelins rwandais de la ville de Butare au sud-ouest du Rwanda. Pour la première fois, un accrochage a opposé les militaires à des rebelles du Front patriotique qui ont tiré sur les véhicules des parachutistes.
- C'est le sauve-qui-peut aujourd'hui à Butare. Une nouvelle fois les Rwandais sont jetés sur les routes de l'exode. Le FPR est en train de prendre la ville. Depuis plusieurs jours déjà, les combats s'intensifiaient à la périphérie. Les Français avaient déjà réussi à évacuer des religieuses prises au piège il y a 48 heures [1er juillet].
- Aujourd'hui, appuyés par des hélicoptères, les hommes du COS ont tenté de superviser l'évacuation des civils, assurant dans la mesure du possible leur sécurité. Ils ont notamment réussi à emmener avec eux 600 orphelins. À l'arrière les légionnaires sont en train de prendre position. Ils doivent contrôler la route qui mène de Butare à la frontière zaïroise. C'est-à-dire l'axe qui coupe le Rwanda d'est en ouest.
- Le dispositif se met en place très rapidement. 150 hommes quadrillent le secteur et scrutent en permanence les environs. Ils redoutent des infiltrations du FPR. Et ils pensent même qu'ils pourraient se retrouver assez rapidement au contact du Front patriotique rwandais.
- Sur la route, les réfugiés de Butare arrivent déjà. Pour ceux tout du moins qui ont la chance de posséder un véhicule. Les légionnaires sont chargés de protéger leur fuite. Mais ce soir le FPR a annoncé qu'il s'opposait à la création de zones de sécurité humanitaires de ce type.
- D'après le colonel Rosier, un convoi de Français passait sur la route et à ce moment-là ils se sont retrouvés à côté d'hommes du FPR. Au début, ils ont même échangé des signes amicaux. Et puis d'un seul coup, des coups de feu ont été tiré contre les Français (d'ailleurs on a retrouvé un impact de balle à 20 centimètres à peu près du conducteur) et à ce moment-là les Français ont riposté. C'était la première fois d'après le colonel Rosier qu'ils ouvraient le feu. Et il n'y a pas eu de blessés du côté français.
- Pour la première fois, un émissaire français a pu entrer en contact hier [2 juillet] à Goma avec un ministre du Gouvernement intérimaire rwandais pour faciliter précisément le déroulement de l'opération Turquoise.
- François Léotard se rendra demain [4 juillet] et mardi [5 juillet] au Sénégal. Il rencontrera le Président Abdou Diouf pour tenter de mobiliser les Sénégalais sur cette opération Turquoise.
- À Kigali, l'étau se resserre sur la population et les soldats de l'ONU. Un Casque bleu russe a d'ailleurs été blessé. Les obus rebelles et les milices hutu accentuent leur pression. Dans cet orphelinat tenu par un Français, les conditions de vie sont épouvantables. Les enfants s'entassent de plus en plus nombreux, de toutes origines ethniques. Leur évacuation devient urgente.
- Ils étaient 325 à débarquer hier matin [2 juillet] dans la paroisse Saint-Michel en plein centre-ville de Kigali. 325 rescapés, évacués de l'orphelinat de Gisimba situé dans un quartier où sévissent les milices. Ces enfants, Tutsi pour la plupart, dont les parents ont été tués pendant les massacres du mois d'avril, ont vécu trois mois durant sous la terreur exercée par un chef de milice locale.
- Neuf adultes tutsi cachés à l'orphelinat sont aussi morts ces trois dernières semaines. 40 autres ont survécu et se retrouvent hébergés dans le domaine de Marc Vaiter. Ce bénévole, arrivé au Rwanda en 1993 pour s'occuper des enfants victimes du Sida, se bat depuis deux mois pour la survie des 210 orphelins de son dispensaire. Cet afflux massif de nouveaux arrivants rend d'autant plus impérative l'évacuation de la paroisse.
- Marc a des soucis plus immédiats : il faut assurer l'hébergement des 325 nouveaux pensionnaires. Il demande pour cela l'aide des responsables de l'évêché voisin qui dispose de locaux vides. La réponse est sans appel, les ecclésiastiques ne bougeront pas. Maigre consolation : un camion des Nations unies arrive dans l'après-midi. Des biscuits vitaminés, de la farine, du lait en poudre. Les 600 réfugiés de la paroisse Saint-Michel, au moins, ne mourront pas de faim.
- La MINUAR peut distribuer de la nourriture à ces réfugiés mais faute d'hommes et de moyens, elle est incapable de les protéger des agissements des milices. Les troupes françaises pour leur part ne peuvent pas accéder à Kigali. C'est pour cela qu'un renforcement tant réclamé des Casques bleus est indispensable.