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Mise à jour :
7 mars 2022 Anglais

La décision politique dans les engagements militaires de la France [Aveu sur l'abandon des survivants de Bisesero par les forces spéciales]

Fiche Numéro 29208

Numéro
29208
Auteur
Sartre, Patrice
Date
Décembre 2021
Amj
20211201
Titre
La décision politique dans les engagements militaires de la France [Aveu sur l'abandon des survivants de Bisesero par les forces spéciales]
Cote
Études - Décembre 2021 - n° 4288
Nom fichier
Taille
2742629 octets
Nb. pages
12
Source
Type
Article de revue
Langue
FR
Résumé
Dans cet article, Patrice Sartre, à l'époque colonel, commandant le groupement Nord Turquoise à Kibuye, reconnaît « la cruelle bévue de Bisesero ». Il précise : « Une des difficultés de l'échelon de théâtre de l'opération Turquoise sera sans doute l'attitude de l'élément des forces spéciales. Lors de l'épisode de Bisesero, alors que le général commandant l'opération Turquoise avait compris la situation tragique dans ces collines et en avait rendu compte à l'EMA, c'est le point de vue des forces spéciales de l'opération qui avait prévalu et conduit à une réaction trop tardive. Ce préjugé anti-Tutsi conférera à l'ensemble de l'opération une image d'agressivité décalée du mandat de l'ONU ».
Commentaire
Le général Patrice Sartre fait ici l'aveu que c'est par une décision délibérée que les militaires français du Commandement des opérations spéciales (COS) n'ont pas porté secours le 27 juin 1994 aux survivants tutsi à Bisesero, qui étaient traqués comme du gibier depuis trois mois par les tueurs du gouvernement rwandais. Cette décision a été prise au niveau de l'Élysée avec qui, précise-t-il, les forces spéciales étaient en lien direct. Il se confirme donc que la date du 29 juin figurant sur le télégramme remis à la justice, dans lequel le lieutenant-colonel Duval rendait compte de sa rencontre avec les Tutsi le 27 juin, a été vraisemblablement falsifiée.
En toute logique, cet aveu devrait relancer l'instruction des plaintes en justice de rescapés rwandais contre l'armée française pour complicité de génocide, alors que le juge avait décidé d'arrêter son enquête sur Bisesero. Si Patrice Sartre exonère le général Lafourcade, commandant de l'opération Turquoise, il n'en est pas de même du général Jacques Rosier, commandant du détachement du COS, du chef d'état-major l'amiral Jacques Lanxade (qui a parlé de « maquis tutsi » en Conseil restreint le 29 juin) et du chef d'état-major particulier à la Présidence de la République, le général Christian Quesnot.