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Mise à jour :
29 décembre 2025 Anglais

Le Premier ministre accompagné d'Alain Juppé est allé plaider sur place à l'ONU pour une relève rapide des soldats français

Fiche Numéro 35867

Numéro
35867
Auteur
Amar, Paul
Auteur
Edler, Aberi
Auteur
Monier, Éric
Date
11 juillet 1994
Amj
19940711
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures
Titre
Le Premier ministre accompagné d'Alain Juppé est allé plaider sur place à l'ONU pour une relève rapide des soldats français
Soustitre
À Kigali, l'ONU reprend ses positions.
Taille
25949 octets
Nb. pages
4
Source
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
fr
Résumé
- Edouard Balladur demande aux Nations unies de prendre le relais de la France au Rwanda. Le Premier ministre accompagné d'Alain Juppé est allé plaider sur place à l'ONU pour une relève rapide des soldats français.
- C'est une visite éclair mais déterminante pour la suite de l'opération Turquoise qu'Edouard Balladur a entreprise aujourd'hui aux Nations unies à New York. Dès son arrivée le Premier ministre, accompagné d'Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a rencontré Boutros Boutros-Ghali.
- 45 minutes de discussions, probablement fournies, car on le sait, les deux hommes ne défendent pas le même calendrier : le Premier ministre français veut entamer le retrait de ses troupes dès la fin de ce mois. Le secrétaire général des Nations unies, conscient des difficultés à mettre en place les Casques bleus de la MINUAR, affirme clairement en revanche son souhait de voir maintenir les troupes françaises sur le terrain jusqu'en septembre.
- Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Edouard Balladur a plaidé pour une coopération vaste et rapide de l'ensemble de la communauté internationale. Edouard Balladur : "Mon pays lance un appel pressant à la communauté internationale pour que tout soit mis en œuvre en vue de permettre le déploiement rapide de la MINUAR renforcée. De nombreux pays ont fait état de leur disponibilité à mettre d'importants effectifs à la disposition de la MINUAR. Ceci serait suffisant pour remplir la tâche qui a été assignée à cette force s'ils disposaient des équipements et de la logistique nécessaire. Il est urgent que tous les efforts de la communauté internationale se mobilisent pour les leur fournir".
- Si la date officielle du retrait des troupes françaises n'a pas été annoncée aujourd'hui, autorités françaises et onusiennes semblent s'être accordées sur un calendrier de compromis. Edouard Balladur : "Ce que je suis venu dire aujourd'hui au Conseil de sécurité, c'est tout d'abord que nous souhaitions que l'effort de la France soit relayé, dans les semaines qui viennent, par la communauté internationale. Et qu'un certain nombre de pays qui ont pris des engagements ou fait des promesses les mettent en œuvre".
- C'est avec un résultat mitigé qu'Edouard Balladur regagne Paris aujourd'hui. L'opération Turquoise ne s'achèvera pas comme prévu à la fin du mois de juillet. Mais la France devrait obtenir une relève progressive de ses troupes par celles de la MINUAR dès le mois prochain. De toutes façons, le mandat onusien accordé aux troupes françaises au Rwanda s'achève le 21 août. Il faudra sans doute des arguments particulièrement forts pour convaincre le gouvernement français de le prolonger.
- Edouard Balladur a lancé un appel d'autant plus pressant qu'il craint une catastrophe humanitaire au Rwanda. D'après la Croix-Rouge, trois millions d'habitants ont été contraints de se déplacer depuis le début de la guerre. Mais paradoxalement la vie reprend peu à peu à Kigali, la capitale, et l'ONU reprend ses positions.
- C'est leur quartier général et pourtant les observateurs de l'ONU n'ont pas mis les pieds ici depuis des mois. Depuis que la guerre les a forcés à battre en retraite, bien loin de là, près du stade, et, d'observateurs des accords de paix signés en août 93, à devenir eux aussi les victimes du conflit.
- C'est la première fois que le général canadien Roméo Dallaire reprend ainsi symboliquement possession de ses murs. Ils sont encore très peu à pouvoir le constater dans Kigali désertée. Mais c'est ici le premier tout petit signe d'un retour à la normalité.
- Une autre maison, plus symbolique encore : celle des Casques bleus belges de la MINUAR, la Misson des Nations unies au Rwanda. 10 d'entre eux furent tués par la garde présidentielle au lendemain de l'assassinat du Président rwandais.
- Le Conseil de sécurité a décidé l'envoi de 5 500 Casque bleus supplémentaires. 2 000 devraient arriver avant la fin du mois, avant le retrait des Français du sud-ouest du pays. Et cela avec la bénédiction sinon la bonne volonté du FPR, nouveau maître de Kigali.
Commentaire
Le JT de 20 heures de France 2 du 11 juillet 1994 est visible dans son intégralité ici : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab05083593/f2-le-journal-20h-emission-du-11-juillet-1994