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Mise à jour :
5 août 2022 Anglais

Quatre hommes et quatre femmes de la minorité tutsi viennent d'être massacrés à coups de machettes, sous les yeux d'étrangers évacués. Les soldats français en armes, qui assuraient la sécurité du convoi, n'ont pas bougé

Fiche Numéro 29641

Numéro
29641
Auteur
Boisserie, Philippe
Date
11 avril 1994
Amj
19940411
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures
Titre
Quatre hommes et quatre femmes de la minorité tutsi viennent d'être massacrés à coups de machettes, sous les yeux d'étrangers évacués. Les soldats français en armes, qui assuraient la sécurité du convoi, n'ont pas bougé
Soustitre
À l'ambassade de France, on fait le tri du passé. On brûle les archives comme si l'on envisageait aussi de s'en aller.
Taille
21694 octets
Nb. pages
2
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Résumé
- Ce matin à 500 mètres de l'aéroport, huit corps gisent dans leur sang. Quatre hommes et quatre femmes de la minorité tutsi viennent d'être massacrés à coups de machettes, sous les yeux d'étrangers évacués. Les soldats français en armes, qui assuraient la sécurité du convoi, n'ont pas bougé. Leur mission spécifie clairement qu'ils ne doivent prendre partie pour aucun des belligérants.
- C'est dans une ville livrée aux combats que les militaires français effectuent les dernières évacuations. Mitraillettes mais aussi grenades, mortiers ponctuent parfois l'appel de ceux qui peuvent enfin partir. Quelques maigres bagages pour seul souvenir des années passées au Rwanda. Et puis c'est le départ vers la piste défoncée qui contourne la ville. La seule à être sûre pour des gens traumatisés. Une femme blonde : "Ils ont tué beaucoup de gens. C'est la garde présidentielle surtout qui a commencé. Des militaires, l'armée, les gendarmes. Y avait beaucoup de civils aussi. Ils ont tué énormément de gens. On a vu beaucoup de gens qu'on a enterré. Ils ont fait d'énormes trous pour les enterrer".
- Alors ils gagnent en rangs serrés les avions militaires qui depuis hier ne cessent de faire des rotations avec les pays voisins. Des évacuations qui devraient se poursuivre dans les jours qui viennent même si presque tous les Français sont déjà partis.
- À l'ambassade de France, on fait également le tri du passé. On brûle les archives comme si l'on envisageait aussi de s'en aller.
- Beaucoup d'étrangers sur le départ se demandaient si les 2 500 militaires onusiens, présents ici, étaient bien utiles à partir du moment où ils laissaient se perpétrer de tels massacres. Pourtant avec le départ des étrangers, l'ONU reste la seule force présente ici sans être sûre d'éviter le scénario déjà vécu en Somalie ou au Libéria.