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Mise à jour :
7 novembre 2022 Anglais

Georges Martres : « Étant guidés par des Tutsi, les rebelles provoquent inévitablement dans la majorité hutu du pays une réaction de défense tribale »

Fiche Numéro 22507

Attention : ce document exprime l'idéologie des auteurs du génocide contre les Tutsi ou se montre tolérant à son égard.

Numéro
22507
Auteur
Sannier, Henri
Auteur
Boisserie, Philippe
Auteur
Brisset, Franck
Date
13 octobre 1990
Amj
19901013
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures [3:06]
Titre
Georges Martres : « Étant guidés par des Tutsi, les rebelles provoquent inévitablement dans la majorité hutu du pays une réaction de défense tribale »
Soustitre
3 000 prisonniers croupissent officiellement dans les prisons de Kigali, sans motif pour la plupart.
Taille
40070581 octets
Source
Fonds d'archives
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- Apparemment les combats se poursuivent entre l'armée et les rebelles du Front patriotique. Depuis le 1er octobre, les forces rebelles venues d'Ouganda ont envahi le Nord du pays.
- Cet homme clame sans doute qu'il n'est pas un rebelle mais personne ne comprend sa langue. En guise de prisonniers, les autorités rwandaises n'ont réussi à présenter à la presse internationale qu'une vingtaine d'Ougandais. Les rares qui parlent anglais sortent un passeport, un permis de travail, expliquent qu'ils n'ont rien à voir avec ces armes exhibées un peu plus loin. Un militaire filme la scène pour prouver sans doute qu'ils ont pu s'exprimer librement.
- Pendant ce temps-là, 3 000 autres prisonniers croupissent officiellement dans les prisons de Kigali, sans motif pour la plupart. Un Rwandais souhaite témoigner anonymement : il s'affirme tutsi, l'ethnie minoritaire. Une information facile à vérifier puisqu'ici l'appartenance ethnique figure sur la carte d'identité. L'homme anonyme : "On m'a attrapé, on m'a frappé, on m'a fouillé et on m'a menacé. On m'a emmené au stade. Il y avait beaucoup de monde. Il n'y avait que des Tutsi".
- Les Tutsi sont en effet considérés comme les instigateurs de la rébellion. Chassés du pouvoir il y a 30 ans, cette minorité s'est alors expatriée dans les pays voisins. Et les sanglantes guerres tribales avec les Hutu majoritaires ne sont pas oubliées. Pourtant les rebelles venus d'Ouganda affirment refuser toute idée de revanche ethnique.
- Georges Martres : "C'est vrai qu'ils ont un projet politique d'union nationale mais c'est vrai aussi qu'étant guidés par des Tutsi, ils provoquent inévitablement dans la majorité hutu du pays une réaction de défense tribale. De ce fait, il y a de très gros risques que cette réaction entraîne une panique aveugle et qu'on assiste à des débordements".
- Cette crainte d'une nouvelle guerre tribale, beaucoup ici la partage. Mais dans l'immédiat, la préoccupation principale est de trouver à manger. Les assaillants tenant la principale route d'importation, la pénurie menace de s'éterniser. De quoi rappeler que le pays connaît depuis longtemps une autre guerre : celle contre la faim. Officiellement, 500 personnes en sont mortes depuis de début de l'année. Sans parler du SIDA qui toucherait déjà près de 15 % de la population. La devise du pays, "Unité, paix, développement", évoque donc aujourd'hui plus que jamais un rêve impossible à réaliser.