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Mise à jour :
14 novembre 2022 Anglais

Au Rwanda des combats à l'arme lourde se déroulent depuis quelques heures à la périphérie de Kigali. Cela n'a pu qu'inciter les parachutistes français à accélérer le départ de tous les ressortissants étrangers

Fiche Numéro 29591

Numéro
29591
Auteur
Amar, Paul
Auteur
Cornet, François
Auteur
Boisserie, Philippe
Date
10 avril 1994
Amj
19940410
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures [6:12]
Titre
Au Rwanda des combats à l'arme lourde se déroulent depuis quelques heures à la périphérie de Kigali. Cela n'a pu qu'inciter les parachutistes français à accélérer le départ de tous les ressortissants étrangers
Soustitre
Les forces du Front patriotique rwandais auraient déjà pris position autour de Kigali. Ces éléments prépareraient l'arrivée de troupes rebelles venues du nord.
Nom fichier
Taille
17426421 octets
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- Au Rwanda des combats à l'arme lourde se déroulent depuis quelques heures à la périphérie de Kigali, la capitale, derrière l'hôtel Méridien. Cela n'a pu qu'inciter les parachutistes français à accélérer le départ de tous les ressortissants étrangers de Kigali.
- Avion gros-porteur américain cet après-midi sur l'aéroport de Nairobi au Kenya. Il va débarquer quelque 150 ressortissants américains, belges, britanniques et canadiens en provenance de Bujumbura au Burundi, évacués hier après-midi par la route de Kigali au Rwanda. Après cette première rotation sur la capitale kenyane, les Américains reprendront leur pont aérien à partir de demain matin.
- Les C-130 belges ont dû attendre de longues heures sur ce même aéroport de Nairobi avec leurs parachutistes, n'ayant pas reçu des autorités rwandaises l'autorisation de se poser à Kigali pour participer, aux côtés des troupes françaises, à l'évacuation des ressortissants étrangers du Rwanda. On apprend ce soir que les premières unités belges auraient enfin pu rejoindre en fin de journée Kigali après que les forces gouvernementales rwandaises aient dégagé la piste d'atterrissage bloquée par des camions.
- En ce qui concerne les évacuations, les Transall aux couleurs françaises avaient évacué à 16 heures (heure de Paris) 246 Français sur les 600 présents au Rwanda. Alain Pierron, directeur de l'école française : "Les ressortissants sont accompagnés sous la conduite des militaires français en convois à l'aéroport. De l'aéroport, ils partent soit sur Bujumbura soit sur Bangui ou des gros-porteurs les attendent pour les emmener en France".
- C'est en fait une véritable course contre la montre que mènent les troupes françaises et les Casques bleus de l'ONU. Le temps est compté, les massacres interethniques se poursuivent dans les quartiers populaires de Kigali, comme en témoigne Philippe Gaillard, responsable de la Croix-Rouge internationale au Rwanda : "En termes de morts, il s'agit de milliers de personnes, sans doute plus près d'un chiffre avec quatre zéros, plutôt qu'un chiffre avec trois zéros. À ce stade, nous désirons surtout sauver ce qui peut encore l'être, c'est-à-dire évacuer des blessés".
- Le temps est compté car les forces rebelles du Front patriotique rwandais auraient déjà pris position autour de Kigali. Des combats à l'arme lourde, au mortier, à la grenade et aux armes automatiques se dérouleraient de collines en collines surplombant Kigali. Ces éléments prépareraient l'arrivée de troupes rebelles venues du nord, dont l'objectif est de renverser le pouvoir en place, détenu par l'ethnie hutu.
- Philippe Boisserie : "La noria des avions continue en direction de Bujumbura. Il y a en gros presque 500 Français qui ont pu quitter à l'heure qu'il est Kigali. D'ailleurs nous en avons accompagnés quelques-uns cet après-midi même à l'école française. Et ça a été assez compliqué […] pour revenir jusqu'à l'aéroport parce que les tirs ont été beaucoup plus violents : des grenades, des roquettes. […] La géographie de Kigali est telle que on ne sait pas trop en fait d'où on tire ni sur qui on tire. Je ne pense pas que les forces françaises soient visées parce qu'elles sont assez appréciées par les Rwandais de Kigali. […] Les Belges sont en train d'arriver, pour l'instant il y en a 250. Ils vont être finalement 1 200. La seule chose qu'ils discutent, c'est l'évacuation des Belges. Et après ils ont prévu de repartir. Donc la situation risque d'être dure. Et d'ailleurs, à ce sujet, cet après-midi sont également partis sur un des avions 80 orphelins rwandais avec leurs Sœurs, qui jusqu'à maintenant essayaient de les protéger à Kigali. […] Les massacres, il est évident qu'il y en a eus. Il y aurait encore des corps dans certaines rues de Kigali. Des témoignages nous ont dit qu'ils avaient vu des Rwandais creuser des fosses communes et entasser les corps dedans. Donc les massacres ont été très importants".
Commentaire
Le JT de 20 heures de France 2 du 10 avril 1994 est visible dans son intégralité ici : https://www.youtube.com/watch?v=ngR40YJCOyw