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Mise à jour :
28 décembre 2021 Anglais

Terrible épidémie de choléra au Rwanda. Plusieurs milliers de personnes ont trouvé la mort en moins de 24 heures. Les équipes de médecins sont débordées

Fiche Numéro 3551

Numéro
3551
Auteur
Narcy, Jean-Claude
Auteur
Rybinski, Gauthier
Auteur
Joachim, Manuel
Auteur
Soboul, Lucie
Auteur
Magne, Corinne
Date
21 juillet 1994
Amj
19940721
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures [7:24]
Titre
Terrible épidémie de choléra au Rwanda. Plusieurs milliers de personnes ont trouvé la mort en moins de 24 heures. Les équipes de médecins sont débordées
Soustitre
Les réfugiés préfèrent mourir à Goma que de retourner au Rwanda où ils ont peur d'être assassinés.
Nom fichier
Taille
24678466 octets
Source
TF1
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- Cérémonie du cinquantième anniversaire du maquis du Vercors. Edouard Balladur rend hommage au sacrifice des maquisards.
- Au Rwanda, comme si le manque de nourriture, comme si le dénuement le plus extrême ne suffisait pas, le choléra vient de frapper les réfugiés des camps autour de la ville de Goma. En 24 heures, plusieurs milliers de personnes ont trouvé la mort. Une épidémie foudroyante, brutale. Les équipes de médecins sont débordées. Sur place c'est l'horreur.
- Cette femme cherche de la famille, des proches dans ce charnier déjà pestilentiel. Elle ne les trouve pas ou ne les reconnaît pas. Elle s'enfuit et jure que le diable est derrière cette horreur. Le diable a pris pour ces gens les traits du Front patriotique rwandais. Un réfugié : "C'est le FPR qui a empoisonné l'eau. C'est pour ça que nous mourrons ici. Le FPR nous poursuit jusqu'à Goma".
- Image irréelle que celle du lac Kivu à Goma. Cette eau sale qui provoque le choléra sert encore à susciter quelques sourires et un peu d'amusement. On s'y baigne mais surtout on remplit des bidons en étant pleinement conscient de ce que l'on fait. Cet homme nous dit qu'il sait que cette eau est mauvaise et il ajoute qu'il préfère mourir ici.
- L'assistance médicale a les plus grandes difficultés à se frayer un chemin jusqu'aux malades. La catastrophe prend une telle ampleur qu'elle en devient difficile à exprimer. Isabelle Pardieu, "Médecins sans Frontières" : "Ça va de pire en pire parce qu'on n'a pas les moyens de faire ce qu'il faut pour 800 000 réfugiés".
- Les réfugiés préfèrent mourir à Goma que de retourner au Rwanda où ils ont peur d'être assassinés. Le problème n'est donc pas uniquement humanitaire. Et si l'on ne parvient pas rapidement à convaincre ces hommes et ces femmes que ce n'est pas forcément la mort qui les attend chez eux, le choléra progressera ici avec une effrayante rigueur mathématique.
- Le choléra, c'est le fléau des pauvres, de la misère, du sous-développement. Déjà en 1991, en Afrique, plus de 10 000 personnes en étaient mortes. L'efficacité des vaccins disponibles est loin d'être absolue et les mesures d'hygiène restent le meilleur remède pour stopper l'épidémie.
- De l'eau potable en quantité infime, pas de réseau d'assainissement convenable, des enfants qui vont puiser un peu d'eau dans un lac de boue. Ces conditions hygiéniques catastrophiques et les déplacements de milliers de réfugiés ont ouvert la voie au choléra.
- Maladie de la pauvreté et du sous-développement, le choléra est une infection intestinale aiguë provoquée par une bactérie. La contamination s'effectue par l'eau, l'alimentation et les mains sales. Vomissements, diarrhées, l'évolution se fait vite vers une forte déshydratation.
- L'actuelle pandémie de choléra a fait son apparition en Afrique il y a 25 ans. La maladie est devenue endémique, surtout dans les pays de l'Afrique centrale. 76 000 cas et 2 500 morts ont été déclarés officiellement l'an dernier. Depuis janvier le Rwanda n'avait signalé qu'une dizaine de cas. Mais l'afflux de réfugiés dans les camps et le sous-développement ont vite fait basculer la situation.
- C'est d'autant plus tragique que le choléra est une maladie qu'on peut traiter par des solutions de réhydratation orale, des antibiotiques, des perfusions. Au cours d'une épidémie, pratiquement toutes les personnes infectées pourraient guérir, mais à la seule condition d'être soignées à temps.
- Médecins sans frontières lance un appel pour renforcer sa présence au Rwanda. L'organisation a besoin d'augmenter ses capacités humaines et financières.
- Plusieurs ministres du gouvernement rwandais doivent se rendre dans les heures qui viennent dans la zone de sécurité humanitaire afin de convaincre les réfugiés de rentrer chez eux. Une mission française vient d'arriver sur place pour établir un dialogue avec ce nouveau gouvernement et travailler à la relève de l'opération Turquoise.
- Parmi ces personnes admirables qui sont sur place dans les camps pour aider les réfugiés à survivre, il y a ces petites sœurs rwandaises qui viennent tout juste d'arriver en France grâce à l'intervention du cardinal Lustiger. Césarie, "Sœur rwandaise" : "On se demande ce que l'Église a fait, ce que l'Église a été dans ce pays. […] Elles étaient 12 sœurs. On a séparé les Hutu des Tutsi. Et les Tutsi ont été massacrées. Et les autres sont culpabilisées presque de n'avoir pas été avec elles, de n'avoir pas été prises".