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Mise à jour :
1 janvier 2022 Anglais

Les images dramatiques du Rwanda diffusées sur toutes les télévisions du monde semblent enfin provoquer une réaction de l'opinion internationale. Bill Clinton débloque 76 millions de dollars. La France envoie de nouveaux médecins et du matériel. Mais sur place, le choléra continue son œuvre mortelle

Fiche Numéro 3554

Numéro
3554
Auteur
Narcy, Jean-Claude
Auteur
Rybinski, Gauthier
Auteur
Joachim, Manuel
Auteur
Blanchet, Anne-Marie
Date
23 juillet 1994
Amj
19940723
Heure
13:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 13 heures [6:59]
Titre
Les images dramatiques du Rwanda diffusées sur toutes les télévisions du monde semblent enfin provoquer une réaction de l'opinion internationale. Bill Clinton débloque 76 millions de dollars. La France envoie de nouveaux médecins et du matériel. Mais sur place, le choléra continue son œuvre mortelle
Soustitre
L'une des priorités est d'apporter de l'eau et de la rendre potable.
Nom fichier
Taille
27653103 octets
Source
TF1
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- Les images dramatiques du Rwanda diffusées sur toutes les télévisions du monde semblent enfin provoquer une réaction de l'opinion internationale. L'aide tardive aux réfugiés rwandais pourrait bien, en fin de compte, être massive. Il s'agit d'une véritable course contre la montre. Bill Clinton débloque 76 millions de dollars. La France envoie de nouveaux médecins et du matériel. Mais sur place, le choléra continue son œuvre mortelle.
- Ce matin, dans les rues de Goma, le balai macabre de l'évacuation des cadavres s'est poursuivi. 300 personnes sont mortes dans la nuit, toutes de choléra. Mais il y a une surprise, de taille : au poste-frontière avec le Rwanda, jonché d'armes et de munitions, quelques Rwandais attendent. Ils veulent rentrer. Un réfugié : "Je voudrais rentrer chez moi parce que je n'ai rien commis comme massacre. Et je pense que ceux qui ne veulent pas rentrer, c'est ceux qui ont commis des massacres. Alors moi je suis innocent, je dois retourner dans mon pays".
- Le mouvement est encore infime. La peur vis-à-vis du nouveau régime de Kigali n'a pas disparu. Mais un petit filet d'énergie semble regagner ces gens, qui ont compris qu'à Goma la mort est devenue une certitude.
- On attend vers 14 heures un gros porteur américain, un avion Galaxy, qui doit acheminer vers Goma à peu près 40 tonnes de matériel.
- Le ministre français de la Santé, Monsieur Douste-Blazy, est arrivé à Goma il y a à peu près une heure avec deux avions de 40 tonnes chacun comprenant des systèmes de traitement d'eau, des unités de pompage, 20 000 flacons de glucose, des têtes de perfusion, des antibiotiques anti-choléra. Ces chiffres peuvent paraître impressionnants mais il faut bien reconnaître que, pour l'instant, c'est insuffisant. L'important c'est de remarquer que pour la première fois on se donne les moyens de traiter l'eau qui est la cause de cette épidémie de choléra. Ces moyens qui arrivent aujourd'hui ne permettront pas de résoudre les difficultés, la misère des réfugiés, mais au moins ils pourront stopper l'épidémie.
- La meilleure chose qui puisse arriver, c'est que les réfugiés fuient la maladie et rentrent chez eux. Ce serait le complément idéal à cette action humanitaire d'envergure. Là encore, ce qu'il faut souligner, c'est que humanitaire et politique sont étroitement liés. Car si le FPR, c'est-à-dire le nouveau pouvoir à Kigali, a l'assurance que la communauté internationale va enfin prendre à bras-le-corps les problèmes des réfugiés, peut-être que ce gouvernement va maintenant multiplier les invitations au retour parce qu'il se sentira tout simplement soutenu dans sa tentative de restaurer un État et un pays normal.
- La situation, le travail des médecins ici sur place s'effectue toujours dans des conditions épouvantables : manque de personnel, manque de médicaments. Mais aussi difficulté d'accès aux camps, difficulté d'accès aux malades. L'une des priorités est d'apporter de l'eau et de la rendre potable. Plusieurs sociétés françaises viennent de répondre à l'appel des organisations humanitaires : la Lyonnaise des Eaux mais aussi la Saur, qui a envoyé un véhicule Toyota tout terrain permettant d'approvisionner en eau potable 25 000 personnes par jour.
- Grâce aux stations de traitement d'eau par ultrafiltration, même l'eau des rivières les plus polluées devient potable. Une demi-heure suffit pour brancher la pompe et les tuyaux. L'eau passe à travers des membranes très fines, formées de pores si microscopiques qu'elles retiennent toute sorte d'impureté, y compris les plus fines comme les amibes, les virus. Ces stations de traitement d'eau fournissent en moyenne 5 000 litres d'eau par personne et par jour. Elles ont déjà prouvé leur efficacité au Kurdistan et elles présentent en outre l'avantage d'être facilement transportables.