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Mise à jour :
28 décembre 2021 Anglais

Le dispositif français à Goma n'était pas destiné à faire face à une tragédie pareille. Mais l'essentiel, c'est que l'aide humanitaire arrive

Fiche Numéro 3556

Numéro
3556
Auteur
Narcy, Jean-Claude
Auteur
Rybinski, Gauthier
Auteur
Joachim, Manuel
Auteur
Berrou, Loïck
Auteur
Roubaix, François (de)
Auteur
Laurent, Pascal
Date
24 juillet 1994
Amj
19940724
Heure
13:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 13 heures [6:46]
Titre
Le dispositif français à Goma n'était pas destiné à faire face à une tragédie pareille. Mais l'essentiel, c'est que l'aide humanitaire arrive
Soustitre
Déjà 80 000 réfugiés sont touchés par le choléra. La peur de la maladie pousse certains à rentrer au pays. Et ce n'est pas chose facile puisque la frontière zaïroise est toujours officiellement fermée.
Nom fichier
Taille
22633814 octets
Source
TF1
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- Arrivée des deux premiers avions du pont aérien américain à Entebbe en Ouganda. Ces appareils transportent des vivres, des équipements de secours et des stations de purification d'eau. Autant de choses essentielles pour les réfugiés rwandais de Goma. Sur place, on s'organise comme on peut pour accueillir cette manne humanitaire.
- S'il fallait une preuve de l'arrivée de l'aide humanitaire, la voici : des largages de vivres dans la zone de sécurité française au sud-ouest du Rwanda. Cela se fait sous les yeux d'une population médusée dont on n'est pas absolument certain qu'elle sache comment profiter de ces dons du ciel.
- Pour les reste, l'aéroport de Goma connaît l'improvisation : manque de personnel qualifié, manque de personnel tout court. Il faut des bras pour décharger les colis et de la matière grise pour organiser leur acheminement.
- Et ce matin, visite du Premier ministre zaïrois, venu pour tenter la réouverture de la frontière entre le Rwanda et le Zaïre. C'est l'occasion d'une démonstration de soutien politique au Président zaïrois. Pendant ce temps, le pont aérien humanitaire est interrompu.
- Le dispositif français à Goma n'était pas destiné à faire face à une tragédie pareille. Mais l'essentiel, c'est que l'aide humanitaire arrive. Elle arrive lentement, elle est encore nettement insuffisante. Mais déjà, dans un certain nombre de camps autour de Goma, on signale ce matin quelques personnes qui ont pu être sauvées du choléra.
- Déjà 80 000 réfugiés sont touchés par le choléra. La peur de la maladie pousse certains à rentrer au pays. Et ce n'est pas chose facile puisque la frontière zaïroise est toujours officiellement fermée.
- Ils étaient plusieurs milliers de réfugiés ce matin à se présenter au poste-frontière de Goma pour revenir au Rwanda. Mais les soldats zaïrois ont leurs ordres : personne ne passe. La situation, si elle se prolonge, risque de tourner à l'émeute. Le côté rwandais de la frontière, en effet, n'a toujours pas été nettoyé : chargeurs de Kalachnikov et grenades abandonnés par les Forces armées rwandaises s'entassent sur la chaussée empêchant le passage des civils.
- À 60 kilomètres au nord de Goma, les réfugiés sont plus chanceux : près du parc national des volcans, la frontière n'est pas gardée. Un réfugié : "Je retourne au Zaïre chercher ma femme et mes filles. La situation est sûre au Rwanda. On peut rentrer chez nous si on respecte le nouveau pouvoir".
- 1 700 000 personnes vivent dans la zone humanitaire. Ces dernières 24 heures, 45 000 d'entre eux, Tutsi pour la plupart, en sont sortis. Ils rejoignent le territoire tenu par le nouveau gouvernement. C'est l'amorce encre très timide d'un retour à la normale.
- En France, parmi les gestes de solidarité de bon nombre d'organisations caritatives ou cultuelles, celui de la communauté catholique de Longwy en Meurthe-et-Moselle. À l'initiative de trois étudiants, les paroissiens d'une petite église se sont mobilisés.
- À sa sortie de l'hôpital Cochin hier après-midi, François Mitterrand, évoquant le drame rwandais, a remercié Bill Clinton de l'aide apportée par les États-Unis. Et puis devant quelques journalistes, le chef de l'État s'est livré à une sorte de conférence de presse improvisée. Avec calme, mais avec détermination, le Président a affirmé qu'il resterait aux commandes de l'État jusqu'au bout de son mandat. François Mitterrand : "Qu'est-ce que j'ai devant moi ? À accomplir ma tâche. La tâche pour laquelle les Français m'ont élu. 10 mois, c'est à ma portée ! Et même davantage…, je l'espère. L'essentiel c'est que je puisse parvenir au terme de mon mandat. La question ne semble pas posée".