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Mise à jour :
24 novembre 2021 Anglais

Les Rwandais n'ont pas fini leur Chemin de croix. Le retour des réfugiés s'amorce lentement mais sûrement. Toute la question est de savoir si ces gens ne vont pas maintenant devenir des réfugiés dans leur propre pays

Fiche Numéro 3558

Numéro
3558
Auteur
Bromberger, Dominique
Auteur
Rybinski, Gauthier
Auteur
Joachim, Manuel
Auteur
Allémonière, Patricia
Auteur
Bellot, Jean-Michel
Date
25 juillet 1994
Amj
19940725
Heure
13:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 13 heures [5:52]
Titre
Les Rwandais n'ont pas fini leur Chemin de croix. Le retour des réfugiés s'amorce lentement mais sûrement. Toute la question est de savoir si ces gens ne vont pas maintenant devenir des réfugiés dans leur propre pays
Soustitre
L'afflux de vivres et d'équipements n'est pas sans poser de nouveaux problèmes aux organisations humanitaires présentes sur place. Il faudrait organiser, coordonner cette aide.
Nom fichier
Taille
26222766 octets
Source
TF1
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- Au Zaïre et au Rwanda, chaque jour apporte une augmentation du chiffre de mortalité parmi les réfugiés. Selon Médecins sans frontières, il meurt maintenant 3 000 personnes par jour à Goma. Dans ces conditions un mouvement encore limité de retour se confirme chez les réfugiés.
- Malgré la guerre, le choléra et la mort, les premiers réfugiés qui rentrent au Rwanda ne sont pas dispensés de formalités administratives. Le Front patriotique rwandais les enregistre dès le passage de la frontière. Nouveau pouvoir oblige.
- Et la route continue. À Gisenyi, au Rwanda, une surprise de taille : un nouveau campement de réfugiés, un nouveau recensement. Mais pour la première fois, dans l'histoire moderne du Rwanda, il n'y est pas fait de distinction entre les ethnies.
- Mais il y a malgré tout comme un malaise dans l'air. Propagande ou contre-propagande, peur ou soulagement, qui croire, que croire ? Les Rwandais n'ont pas fini leur Chemin de croix. Le retour des réfugiés s'amorce, lentement mais sûrement. Toute la question est de savoir si ces gens ne vont pas maintenant devenir des réfugiés, dans leur propre pays.
- Des accrochages ont mis aux prises au cours des trois dernières nuits des militaires français et des miliciens hutu. Ces miliciens sont responsables des massacres de la minorité tutsi. Par ailleurs des centaines de soldats rwandais, toujours armés, pillent ce que les réfugiés ont réussi à conserver.
- L'aide internationale commence à s'organiser. L'Australie a annoncé l'envoi de 300 militaires au Rwanda. Quant aux Américains, ils viennent d'annoncer la suspension momentanée de leurs parachutages de vivres. Une méthode qui avait été très critiquée par les organisations humanitaires.
- Il aura fallu voir des images d'enfants qui meurent pour que les avions-cargos se chargent de vivres. Il aura fallu qu'elles se répètent au fil des jours pour que la cadence s'accélère. Cinq autres avions gros porteurs américains ont décollé de Francfort. L'Australie, l'Espagne ont annoncé qu'elles se joignaient à l'opération. Et Israël a déjà fait partir un hôpital de campagne et plusieurs milliers de tonnes de médicaments.
- Mais cet afflux de vivres et d'équipements n'est pas sans poser de nouveaux problèmes aux organisations humanitaires présentes sur place. Il faudrait organiser, coordonner cette aide. Les largages de vivres effectués par les Américains hier ont été vivement critiqués. Le parachutage se serait fait au mauvais endroit. Il aurait mobilisé trop de bras pour la récupération. Et son objectif, le camp de Katale au nord de Goma, n'était pas prioritaire. Il y avait assez de vivres pour les 300 000 réfugiés. Plusieurs ONG n'ont pas hésité à parler de farce.
- En fin de matinée, aujourd'hui, l'état-major américain annonçait qu'il suspendait temporairement l'opération de largage. À cette heure, les pays donateurs et les volontaires sur place se concertent et s'efforcent de mettre de l'ordre dans l'acheminement de l'aide.
- Richard Virenque, grand prix de la montagne et cinquième du Tour de France, a annoncé hier soir qu'il faisait don de ses gains du Tour à l'organisation Médecins sans frontières pour qu'elle aide les réfugiés du Rwanda. Le meilleur grimpeur du Tour propose également de mettre aux enchères son maillot blanc à pois rouges et son vélo.
- Il aurait pu se contenter d'avoir une pensée obsessionnelle pour sa propre souffrance. Il aurait pu aussi empocher les 250 000 francs de magot que son talent lui a permis d'accumuler durant les trois semaines du Tour 94. Mais il y a eu ces images, ces images terribles, que chaque soir il découvrait et qui lui gâchait autant son plaisir de vainqueur que sa sérénité d'être humain géographiquement bien né. Alors hier après l'arrivée sur les Champs, Richard Virenque a fait don de la totalité de ses gains à Médecins sans frontières.