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Mise à jour :
14 novembre 2022 Anglais

Au cinquième jour des massacres ethniques entre Hutu et Tutsi, les observateurs étrangers avancent le chiffre de 10 000 morts dans la seule capitale du Rwanda

Fiche Numéro 29902

Numéro
29902
Auteur
Masure, Bruno
Auteur
Romedenne, Patrice
Auteur
Boisserie, Philippe
Date
11 avril 1994
Amj
19940411
Heure
20:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 20 heures
Titre
Au cinquième jour des massacres ethniques entre Hutu et Tutsi, les observateurs étrangers avancent le chiffre de 10 000 morts dans la seule capitale du Rwanda
Soustitre
La quasi-totalité des étrangers résidant au Rwanda ont été évacués à l'exception de plusieurs centaines de Belges.
Taille
27407 octets
Nb. pages
4
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Résumé
- Toujours le bain de sang au Rwanda où les rebelles auraient pénétré dans la capitale Kigali. Les massacres interethniques auraient déjà fait des milliers de morts.
- La quasi-totalité des étrangers résidant au Rwanda ont été évacués à l'exception de plusieurs centaines de Belges. La situation semble s'aggraver d'heure en heure. Selon certaines informations, les rebelles du FPR, à majorité tutsi, seraient entrés dans la capitale Kigali. Les victimes des massacres se comptent par milliers.
- Cruauté, brutalité, la terreur règne au Rwanda. À Kigali, on s'acharne même sur les cadavres. Au cinquième jour des massacres ethniques entre Hutu et Tutsi, les observateurs étrangers sous couvert de l'anonymat avancent le chiffre de 10 000 morts dans la seule capitale du Rwanda. Pour les Occidentaux, l'urgence commande de déguerpir. Par centaines, Américains et Européens gagnent l'aéroport.
- Convois improvisés sous la protection des parachutistes car ça et là, tirs sporadiques à l'arme lourde et rafales à l'arme légère menacent ceux qui partent. Car on sait, on sent que les rebelles du FPR, mouvement de 20 000 hommes dominé par la minorité tutsi, s'apprêtent à marcher sur Kigali. Ces hommes étaient hier [10 avril] à 10 kilomètres au nord de la capitale.
- Je vous propose maintenant d'entendre les témoignages de résidents étrangers au Rwanda qui ont pu réussir à fuir ce pays. Il y a ceux dont le regard se perd dans le vide. Et il y a ceux qui s'embrassent, tellement heureux d'être sortis du Rwanda. Ils sont Belges et Français et ils viennent tout juste de franchir la frontière zaïroise. Et même loin de Kigali, ils tremblent encore.
- Un ressortissant belge témoigne : "Moi personnellement, on m'a mis la machette devant le nez pour me prendre mes papiers. Mais ce qui nous a surtout fait peur, c'est quand ils ont su qu'on était Belges… Ils en veulent aux Belges".
- Belges, Américains, Allemands, Français, c'est surtout par avions que les étrangers vivant au Rwanda sont évacués vers Bangui et Bujumbura. Un pont aérien sous contrôle de l'armée française et belge. Il a déjà permis à 43 ressortissants français de rejoindre Paris cette nuit. L'émotion et le bonheur de retrouver la France après quatre jours d'angoisse. Une femme répond aux journalistes : "C'est un petit peu égoïste de dire qu'on est soulagé vu le nombre de morts qu'il y a là-bas… Des gens qu'on connaissait, des amis rwandais qui travaillaient avec nous". Un homme témoigne à son tour : "On a passé une nuit de jeudi [7 avril] à vendredi [8 avril] qui était sous les obus, les tirs de mortiers… On n'a rien dormi de la nuit, on a eu très peur. On s'était blotti les uns contre les autres et on a attendu que ça passe". Une femme : "On a été très heureux de l'arrivée de l'armée française. Ils ont eu un accueil superbe à Bangui".
- Presque tous les ressortissants étrangers ont maintenant quitté le Rwanda à l'exception de quelques Belges. 230 Français devraient arriver demain matin à Paris. Et ce soir, on y attend une centaine d'orphelins sauvés par des soldats français à Kigali.
Philippe Boisserie : "À 18 heures l'évacuation des Français a été complètement terminée. Il n'y a plus de Français en ce moment au Rwanda, mis à part le personnel de l'ambassade de France, une quarantaine de personnes. Et à l'heure actuelle, il ne savent toujours pas s'ils vont rester ou s'ils vont partir. […] Cet après-midi nous avons accompagné des soldats belges qui pour la première fois sont rentrés dans Kigali. Des soldats belges très armés, très déterminés. Il faut se souvenir qu'ils ont perdu 10 de leurs hommes ici, 10 Casques bleus. Et ils ont vraiment mis les moyens pour évacuer leurs ressortissants. […] À l'heure actuelle les combats continuent et visiblement la situation n'est pas prête de s'apaiser parce que contrairement à hier [10 avril], tous les gens de Kigali sont sur le bord de la route et ils sont armés de bâtons, de machettes, de gourdins".
Commentaire
Le JT de 20 heures de France 2 du 11 avril 1994 est visible dans son intégralité ici : https://www.youtube.com/watch?v=Pp6hzGsNmzI