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Mise à jour :
5 août 2022 Anglais

La plupart des étrangers et la quasi-totalité des Français ont maintenant quitté le Rwanda. Sont attendus à Roissy d'une heure à l'autre une centaine d'orphelins rwandais et demain matin les derniers Français au nombre de 230. Dans la capitale il y aurait déjà 10 000 morts

Fiche Numéro 29644

Numéro
29644
Auteur
Ceylac, Catherine
Date
11 avril 1994
Amj
19940411
Heure
24:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 24 heures
Titre
La plupart des étrangers et la quasi-totalité des Français ont maintenant quitté le Rwanda. Sont attendus à Roissy d'une heure à l'autre une centaine d'orphelins rwandais et demain matin les derniers Français au nombre de 230. Dans la capitale il y aurait déjà 10 000 morts
Soustitre
Quatre hommes et quatre femmes de la minorité tutsi viennent d'être massacrés à coups de machettes, sous les yeux d'étrangers évacués. Les soldats français en armes, qui assuraient la sécurité du convoi, n'ont pas bougé.
Taille
23694 octets
Nb. pages
3
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Résumé
- Au Rwanda les massacres continuent alors que la plupart des étrangers et la quasi-totalité des Français ont maintenant quitté le pays. Sont attendus à Roissy d'une heure à l'autre une centaine d'orphelins rwandais et demain matin les derniers Français au nombre de 230.
- Dans la capitale, à Kigali, il y aurait déjà 10 000 morts. Et si l'on en croit les témoignages, les affrontements s'étendent à tout le pays.
- Ce matin à 500 mètres de l'aéroport, huit corps gisent dans leur sang. Quatre hommes et quatre femmes de la minorité tutsi viennent d'être massacrés à coups de machettes, sous les yeux d'étrangers évacués. Les soldats français en armes, qui assuraient la sécurité du convoi, n'ont pas bougé. Leur mission spécifie clairement qu'ils ne doivent prendre partie pour aucun des belligérants.
- C'est dans une ville livrée aux combats que les militaires français effectuent les dernières évacuations. Mitraillettes mais aussi grenades, mortiers ponctuent parfois l'appel de ceux qui peuvent enfin partir. Quelques maigres bagages pour seul souvenir des années passées au Rwanda. Et puis c'est le départ vers la piste défoncée qui contourne la ville. La seule à être sûre pour des gens traumatisés. Une femme blonde : "Ils ont tué beaucoup de gens. C'est la garde présidentielle surtout qui a commencé. Des militaires, l'armée, les gendarmes. Y avait beaucoup de civils aussi. Ils ont tué énormément de gens. On a vu beaucoup de gens qu'on a enterré. Ils ont fait d'énormes trous pour les enterrer".
- Alors ils gagnent en rangs serrés les avions militaires qui depuis hier ne cessent de faire des rotations avec les pays voisins. Des évacuations qui devraient se poursuivre dans les jours qui viennent même si presque tous les Français sont déjà partis.
- À l'ambassade de France, on fait également le tri du passé. On brûle les archives comme si l'on envisageait aussi de s'en aller.
- Beaucoup d'étrangers sur le départ se demandaient si les 2 500 militaires onusiens, présents ici, étaient bien utiles à partir du moment où ils laissaient se perpétrer de tels massacres. Pourtant avec le départ des étrangers, l'ONU reste la seule force présente ici sans être sûre d'éviter le scénario déjà vécu en Somalie ou au Libéria.