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Mise à jour :
3 novembre 2021 Anglais

Toutes les conditions sont désormais réunies pour le développement d'une épidémie foudroyante de choléra. Professeur Gentilini : « C'est une vision des camps de concentration lorsqu'ils ont été libérés avec ces corps décharnés »

Fiche Numéro 29104

Numéro
29104
Auteur
Bromberger, Dominique
Auteur
Allémonière, Patricia
Auteur
Soboul, Lucie
Date
26 juillet 1994
Amj
19940726
Heure
13:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 13 heures
Titre
Toutes les conditions sont désormais réunies pour le développement d'une épidémie foudroyante de choléra. Professeur Gentilini : « C'est une vision des camps de concentration lorsqu'ils ont été libérés avec ces corps décharnés »
Soustitre
Les Tutsi mènent la bataille la plus difficile : ils doivent lutter contre l'épidémie mais aussi contre tous ceux qui cherchent encore à les massacrer.
Taille
24123 octets
Nb. pages
3
Source
TF1
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Résumé
- Au Rwanda le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de l'opération Turquoise, lance un appel au secours : les troupes françaises ont besoin d'aide pour le ramassage des cadavres dans la ville de Goma tant ceux-ci sont nombreux.
- Les fosses communes sont pleines. Des centaines de corps abandonnés s'entassent le long des routes. L'armée française vient de recevoir l'autorisation de les inhumer. C'est elle, qui, jusqu'à ce jour, ramassait et enterrait les morts. Plus de 1 000 par jour.
- Dans les camps les survivants n'ont pas assez d'énergie. Ils sont engagés dans un autre combat, celui pour la vie. Les Tutsi mènent la bataille la plus difficile : ils doivent lutter contre l'épidémie mais aussi contre tous ceux qui cherchent encore à les massacrer. Des soldats de l'ex-gouvernement rwandais campent à quelques kilomètres et n'hésitent pas à se faire la main sur tout ce qui ressemble à un Tutsi.
- Les plus vaillants, terrorisés, tentent de prendre le chemin du retour. Ils demandent aux responsables du HCR ou à des soldats français de les escorter jusqu'à la frontière. 40 000 Tutsi et Hutu mélangés marcheraient aujourd'hui vers la direction de Ruhengeri. 90 000 autres auraient quitté la zone contrôlée par l'armée française. La route qui les ramène chez eux est longue, plusieurs jours de marche. Il va leur falloir trouver de quoi manger et de quoi boire.
- Ceux qu'ils laissent derrière eux gardent les yeux rivés sur les gros porteurs qui arrivent à Goma. Les Américains n'ont toujours pas repris leurs largages mais ils ont réussi à construire une nouvelle piste d'atterrissage et à acheminer une station d'épuration. Dans quelques jours, elle pourra filtrer l'eau du lac Kivu. L'installation d'un système permettant de fournir de l'eau à tous les réfugiés va durer un mois selon les experts. En attendant, le choléra se propage et menace la population du Zaïre. Un nouveau défi lancé aux ONG.
- Un million et demi de réfugiés au Zaïre, des milliers qui errent sur les routes et le choléra qui sévit ici de façon endémique depuis plus de 20 ans. Toutes les conditions sont désormais réunies pour le développement d'une épidémie foudroyante. Déjà 14 000 morts depuis une semaine et la confirmation hier qu'il s'agit bien du germe déjà présent dans la région, et malheureusement connu pour être résistant à la plupart des antibiotiques utilisés. Professeur Marc Gentilini, "Maladies Infectieuses et Tropicales, Hôpital Pitié-Salpêtrière" : "C'est une vision des camps de concentration lorsqu'ils ont été libérés avec ces corps décharnés, vidés en masse, anonymement. Et, à côté d'eux, on trouve les survivants ou ceux qui vont mourir. Et il règne sur tous ces camps qui sont de structure très précaire un silence de mort".